Retour vers la découverte d'internet au travers mon roman Dernière ambition
De « l'Internet » au web quotidien : voyage dans les années 90
Du langage d'expert au langage courant : une transition sémantique
Quand on regarde les occurrences d'Internet par rapport à internet avec une minuscule, on s'aperçoit que si les deux apparaissent dans les années 90 (en partant de zéro), le mot entre maintenant dans le langage courant, en perdant sa majuscule. On parlait même de l'Internet avec l'article. A vrai dire, à ses débuts, les possibilités qu'il offrait étaient inimaginables.
Et cette aura, par son mystère, sous-tend sans mal le suspense d'une l'intrigue. Pour ma part, revenir sur cette période fondatrice a été un fil conducteur pour mon roman Dernière ambition, dont je vous livre un extrait à propos d'une utilisation du fameux réseau par une organisation obscure.
-> Ici, le patron du club de tennis, a cédé à la pression de membres privilégiés, dont le fait de disposer d'un site détonne.
Reynaud baissa la voix en se penchant sur le côté sans le regarder :
— Ils appellent ça « la Ligue ». Il paraît qu’ils ont un « site » sur l’Internet et qu’il s’agit d’un groupuscule très fermé.
Il ne lui dit pas que la Ligue l'avait contacté l'année précédente et qu'en l'échange d'une place pour son père dans une maison de retraite, il avait concédé des tarifs avantageux pour ces adhérents très spéciaux.
Lou vit dans les années 2080, à un moment où la préservation de la volonté générale prévaut sur la démocratie.
Contes : le choix de la douceur ou de la peur
Imaginez une bête assoiffée de sang qui déchire la chair pour mieux s'immiscer et qui agit dans tout votre corps jusqu'à ce que mort s'ensuive, ou presque. Pire: trois de ces monstres qui additionnent leur appétit féroce. Vous vous réveillez, soulagé.e mais tendu.e : ces affreux ne sont que les rejetons d'un cauchemar.
Est-ce qu'un conte oserait mettre en scène un bestiaire si atroce ?
En y repensant, cette terreur nocturne pourrait bien valoir celle suscitée par le grand méchant loup des contes d'antan (en 1697, pour le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault, suivi d'une nouvelle version plus d'un siècle plus tard par les Grimm).
Est-ce que la peur est nécessaire pour qu'un conte ait une valeur éducative pour les enfants et permet-elle de mieux faire face à la nuit ou tout autre séparation ? Difficile à trancher, pour les auteurs, comme pour les parents.
Le pari de la douceur
En décembre dernier, juste avant Noël, j'ai publié un
livret de contes pour enfants et ils ont une particularité : ils stimulent l'imaginaire en s'en remettant aux éléments comme la Lune, le Soleil et le nuage, plutôt que d'affronter un « méchant ». Je les ai écrits à l'origine pour mes enfants, inspirée par des illustrations prolifiques des livres enfantins, comme celles de
Claude Ponti, par exemple.
Certains parents se demanderont peut-être : l'aventure n'est-elle pas plus valorisante si l'enfant triomphe d'un antagoniste ? Les enfants, avant de s'endormir, ont-ils besoin de ce frisson pour mieux s'apaiser ensuite et s'endormir ?
Cependant, pour les insomniaques anxieux (petits et grands), on préconise souvent des histoires qui emmènent loin, en s'appuyant sur des paysages de rêve. Alors, pour mes contes, je tire le lecteur vers des éléments lointains, avec douceur.
Comprendre. C'est ce que cherche l'auteur, non pas pour rejouer le procès qui a condamné Saïd à la prison pour…
Un livre qui commence sur les chapeaux de roues en misant sur le langage populaire et fleuri de Marseille opposé…
Exploration de la notion de nationalité à travers un roman entre Paris et Alsace au XXe
Dans quelle mesure la nationalité de son passeport définit-elle l’identité d’un individu ? Dans mon roman Tous les matins elle boitait, je plonge au cœur d’une zone grise de l’Histoire : celle de l’Alsace du XXe siècle, où les frontières ont bougé plus vite que les cœurs, redéfinissant sans cesse ce que signifie « être de » tel pays.
La notion de nationalité dans une Alsace malmenée par les changements de frontière
Pour comprendre la complexité alsacienne, il faut imaginer des familles ayant changé quatre fois de nationalité en moins de 75 ans. Ce basculement entre la France et l’Allemagne a créé une identité hybride et instable, baignée par une langue (l'Alsacien) proche de l’allemand et une culture à cheval entre les deux cultures françaises et allemandes.
Dans le récit, le trouble est palpable. Si les Alsaciens affectionnent leurs racines françaises, une méfiance s'est installée vis-à-vis d’un État français, parfois perçu comme lointain ou rigide. À l'inverse, après des décennies sous administration allemande, ils ne peuvent pas renier des années de vie dans le giron allemand d'un simple trait de plume sur un traité de paix. Certains se sont même mariés avec des Allemands d'Outre-Rhin.