Quand je m'envoie en l'air

Une fois l'an, je joue à la femme d'affaires. À cette occasion, on me gratifie d'un voyage en avion. À ma plus grande surprise, je me découvre un enthousiasme fou pour ces sages acrobaties, car elles dominent les Alpes. Et là, mes amis, quel spectacle : entre mer blanche et désert cotonneux ou craquelé, la masse nuageuse se dépose dans un écrin montagneux.

Suis-je la seule à m'émouvoir de ce paysage ? Autour de moi, on discute de solutions, de réunion, des mots qui ne m'atteignent pas aujourd'hui.
Non... Les hôtesses ont abandonné leur amabilité affichée pour se pencher au hublot, le genou planté dans un siège libre et le talon errant dans l'allée centrale.

Captivée, je découvre ce monde à part, ces massifs qui s'étendent à perte de vue, bien plus loin que lorsque que je les admire du haut d'un sommet gagné à la sueur de mon front. Là, je mesure le périmètre de ces mastodontes qui se reproduisent par centaines et occupent un véritable territoire.

La redescente, est, sans surprise, grise.

Il faudra attendre de découvrir les hommes derrière leurs masques et leurs costumes, pour que la vie reprenne... avec un charmant accent italien.