Le boulevard de la Croix-Rousse, univers romanesque

Le Boulevard de la Croix-Rousse décor de Dernière ambition

Le Boulevard de la Croix-rousse
En choisissant le Boulevard de la Croix-Rousse, quartier emblématique de Lyon, comme unité de lieu pour mon roman Dernière ambition, j'avais en tête un espace cosmopolite. Et son passé riche en événements me procurait une toile de fond à la fois familière et haute en couleur.

Des recherches passionnantes

Dans le fond, l'âme de ce quartier réside dans son boulevard lui-même. Mais en me plongeant dans les archives, j'étais loin de me douter de l'ampleur des découvertes que je ferais.

Ancienne fortification

Il est fascinant de se souvenir que le Boulevard Croix-Rousse fut autrefois un rempart, protégeant Lyon qui n'intégra ce territoire que tardivement. Aujourd'hui encore, cette dualité se perçoit : d'un côté, au nord, des immeubles populaires témoignent d'une histoire ouvrière, de l'autre, quelques vestiges bourgeois arborent des blasons, à l'image de la porte du château de la Tourette.

Un lien entre des lieux géographiques distincts

Cette artère relie la partie Est, cœur historique de la Croix-Rousse côté Rhône, à une section Ouest moins dense en population et en commerces. Pourtant, cette dernière abrite des espaces importants comme des centres scolaires et le célèbre Clos Jouve, fief des boulistes lyonnais.

Extrait - Dernière Ambition

L'un des lieux où se joue Dernière ambition est l'Ile Barbe, une île à l'extrémité de Lyon, dont j'avais envie d'explorer le côté romanesque : elle a une Histoire évocatrice, car elle abrite une abbaye millénaire, et son nom pourrait se référer à des ermites (barbares ?) tout en convenant bien à une localisation suburbaine. Enfin, l'avenir de sa célèbre auberge gastronomique (aujourd'hui fermée) est incertain, mais attise la curiosité des Lyonnais.

Extrait :

Ils descendirent les Esses de la Croix-Rousse, traversèrent la Saône et remontèrent en direction du nord – jusque-là, rien d'étonnant : ils prenaient plus ou moins la direction du Hameau. Cependant, plutôt que de se diriger vers les Monts d'Or, Hertzan emprunta un pont à voie unique. L’antique pont suspendu menait à l’île Barbe, il soupira d’aise en se garant. Il se sentait en terrain connu.

    — Voilà, c'est ici, annonça-t-il en sortant du véhicule.     

    L'endroit était incongru ; cependant, la jeune fille le suivit docilement. Ils passèrent devant une auberge accueillante. Les portes et les volets de bois affichaient un rouge chaleureux et des canapés disposés à l’entrée offraient le moelleux de leurs coussins à leurs clients. Le soleil matinal réchauffait les galets blancs. Marie marquait maintenant son étonnement en apercevant, à quelques centaines de mètres devant eux, au bout du chemin rectiligne, une bâtisse monumentale : avec ses deux tours, le bâtiment ressemblait presque à un château. Il comportait deux étages. Au premier, de larges portes-fenêtres surmontées d’un linteau arqué étaient protégées par des balcons maçonnés. Au-dessus, une coursive était couverte d’un toit peu pentu.