Une dédicace à Néronde Loire Samedi 24 mai Yves Montmartin Mélinda Schilge Une bibliothèque d’irréductibles lecteurs et amis des livres…
Incipit Ciao bella
Où l'on découvre l'état d'anxiété de Benjamin, hanté par l'absence d'une tante chère, Emma, qu'il n'arrive pas à laisser partir. Premières présentations de ses parents, figures protectrices mais peut-être insuffisantes face à sa douleur. Heureusement, dans ce décor sombre, une étincelle : son ami Mario.
Débuts d'une histoire où la fragilité côtoie l'espoir.
Incipit - Ciao bella :
L’urgence surgit : il fallait lui téléphoner.
Coupable.
Où se cachait ce fichu numéro ? Son esprit éparpillé cherchait dans les méandres de sa mémoire. Il aurait dû l'appeler depuis tellement longtemps. Le château de… ? Il ne se souvenait même plus de son lieu de résidence.
Il brassait d’une main. Les feuilles s’envolaient dans un tourbillon. Toute sa paperasse.
Le bout de papier devait se trouver dans sa mallette de carton-pâte, celle qu’il prenait pour se rendre chez elle autrefois. Un des renforcements d’angle avait sauté avec le temps. Il aurait dû être là, jaune.
Coupable.
Une photo effectuait un looping avant de rejoindre ses congénères : l’image de Rose et Justin, ses parents, se déposait lentement à ses pieds. Ses bords ciselés provenaient d’une époque révolue, d’un temps où les excentricités d’Emma animaient les conversations.
Pourquoi ne parlait-on plus d’elle ? Comment se faisait-il qu’il y eût un tel silence ?
Benjamin se réveilla en sursaut.
Le Boulevard de la Croix-Rousse décor de Dernière ambition
En choisissant le
Boulevard de la Croix-Rousse, quartier emblématique de Lyon, comme unité de lieu pour mon roman
Dernière ambition, j'avais en tête un espace cosmopolite. Et son passé riche en événements me procurait une toile de fond à la fois familière et haute en couleur.
Des recherches passionnantes
Dans le fond, l'âme de ce quartier réside dans son boulevard lui-même. Mais en me plongeant dans les archives, j'étais loin de me douter de l'ampleur des découvertes que je ferais.
Ancienne fortification
Il est fascinant de se souvenir que le Boulevard Croix-Rousse fut autrefois un rempart, protégeant Lyon qui n'intégra ce territoire que tardivement. Aujourd'hui encore, cette dualité se perçoit : d'un côté, au nord, des immeubles populaires témoignent d'une histoire ouvrière, de l'autre, quelques vestiges bourgeois arborent des blasons, à l'image de la porte du château de la Tourette.
Un lien entre des lieux géographiques distincts
Cette artère relie la partie Est, cœur historique de la Croix-Rousse côté Rhône, à une section Ouest moins dense en population et en commerces. Pourtant, cette dernière abrite des espaces importants comme des centres scolaires et le célèbre Clos Jouve, fief des boulistes lyonnais.
Un récit vécu à deux époques bien différentes, ce qui m'a fait craindre manquer un saut chronologique, mais qui permet…
Ligne éditoriale : un équilibre
Retrouver l'affiche de mon premier salon en avril 2018 m'incite à faire un bilan de mes publications en tant qu'autrice indépendante.
Des genres variés
Ni rose, ni noire, ni rouge
: l'avantage de l'édition indépendante est je ne suis pas contrainte de me cantonner à un genre imposé par un éditeur.
Un touche de romantisme et de suspense
:
l'écriture indépendante m'a permis de trouver un genre donnant sa place à la fois aux sentiments à travers mes personnages et à des explorations thématiques variées (jusque dans certains domaines de la technologie ou de la science). L'un des lieux où se joue Dernière ambition est l'Ile Barbe, une île à l'extrémité de Lyon, dont j'avais envie d'explorer le côté romanesque : elle a une Histoire évocatrice, car elle abrite une abbaye millénaire, et son nom pourrait se référer à des ermites (barbares ?) tout en convenant bien à une localisation suburbaine. Enfin, l'avenir de sa célèbre auberge gastronomique (aujourd'hui fermée) est incertain, mais attise la curiosité des Lyonnais.
Extrait :
Ils descendirent les Esses de la Croix-Rousse, traversèrent la Saône et remontèrent en direction du nord – jusque-là, rien d'étonnant : ils prenaient plus ou moins la direction du Hameau. Cependant, plutôt que de se diriger vers les Monts d'Or, Hertzan emprunta un pont à voie unique. L’antique pont suspendu menait à l’île Barbe, il soupira d’aise en se garant. Il se sentait en terrain connu.
— Voilà, c'est ici, annonça-t-il en sortant du véhicule.
L'endroit était incongru ; cependant, la jeune fille le suivit docilement. Ils passèrent devant une auberge accueillante. Les portes et les volets de bois affichaient un rouge chaleureux et des canapés disposés à l’entrée offraient le moelleux de leurs coussins à leurs clients. Le soleil matinal réchauffait les galets blancs. Marie marquait maintenant son étonnement en apercevant, à quelques centaines de mètres devant eux, au bout du chemin rectiligne, une bâtisse monumentale : avec ses deux tours, le bâtiment ressemblait presque à un château. Il comportait deux étages. Au premier, de larges portes-fenêtres surmontées d’un linteau arqué étaient protégées par des balcons maçonnés. Au-dessus, une coursive était couverte d’un toit peu pentu.